Par Florent Chevallier
Relative dominance of the language used in Instagram posts in Helsinki 2015-2016 [only Finnish and English are considered]. Source
Qui est l’auteur de la carte ?
Tuomas Väisänen, en thèse de géomatique après un master en géographie urbaine. S’intéresse à la construction et à l’utilisation des réseaux neuronaux appliqués à la géographie dans le cadre de ses recherches.
D’où cette carte est-elle extraite ?
Cette image fait partie du travail réalisé par Tuomas Väisänen pour sa thèse, et il l’a lui-même présentée sur Twitter.
Comment cette carte est-elle construite ?
Les données ont été récoltées par DigitalGeographyLab, un laboratoire interdisciplinaire de l’Université d’Helsinki, grâce à l’API [1] d’Instagram lorsqu’elle était encore ouverte aux scientifiques (jusqu’en 2016 donc). Cette carte s’appuie donc sur des photographies ou images postées par les utilisateurs du réseau social dont la géolocalisation indiquait une prise de vue dans la commune de Helsinki (et non le Grand Helsinki ou la Région capitale) et le langage dominant a ensuite été identifié par fastText à partir des légendes de ces images.
Les données ont enfin été agrégées sur des carrés de 250 m de côté. Sept couleurs différentes permettent de visualiser laquelle des deux langues prédomine dans la zone, et l’intensité du rapport de force entre les deux.
Ces données ne sont à présent plus accessibles aux scientifiques, suite au scandale Cambridge Analytica [2] au cours duquel des donnés d’utilisateurs ont été utilisées pour des publicités politiques ciblées sous couvert de recherches scientifiques.
Pourquoi avoir choisi cette carte ?
Pour montrer comment les chercheurs peuvent s’emparer des données produites par les réseaux sociaux et les analyser avec des outils relativement simples ou accessibles. Même si la cartographie produite ici n’a pas, à mon sens, un intérêt très grand, les méthodes employées peuvent être d’une grande aide dans le cadre de recherches.
Tuomas Väisänen a vraisemblablement mis en lumière les parties de la ville les plus fréquentées par des étrangers, par opposition à celles que les locaux aiment photographier/partager. Il faudrait cependant avoir une connaissance plus poussée de la ville pour le confirmer, et pouvoir analyser les habitudes des anglophones ou bien procéder à une classification des objets représentés sur ces photos.
[1] Interface de programmation applicative. Une API permet à un logiciel tiers de communiquer avec un site ou un service, d’y effectuer des requêtes et de récupérer des informations, selon des modalités définies par le fournisseur de données.
Modérateurs : Olivier Leflem et Thomas Guy