L’or bleu : le métal le plus prisé au monde

Par Clarisse AUBERT

En route vers la transition énergique, l’électrique prend de plus en plus de place. Devenu indispensable à notre quotidien, smartphone, ordinateur, véhicule électriques (VÉ)… tout objet électronique nécessite un minéral : le cobalt.

La carte présentée est extraite de l’article du Monde diplomatique La face honteuse du « métal bleu » parut en juillet 2020. Dans cet article Akram Belkaïd nous expose la provenance du composant essentiel de nos appareils électroniques. Akram Belkaïd est un journaliste et essayiste algérien. Né en 1964 à Alger, il est journaliste au Monde diplomatique, chroniqueur au Quotidien d’Oran, et collabore avec le site Orient XXI, les publications Afrique magazine et Afrique Méditerranée Business.

Cet article expose, à travers la carte, la distribution inégalitaire du cobalt dans le monde. De plus, l’auteur met un point d’honneur à dénoncer les conditions humaines de son extraction, notamment celles des enfants. Ce métal est en effet devenu incontournable à l’époque actuelle, et de plus en plus prisé avec l’arrivée de la 5G. « Alors que la transition mondiale vers la technologie 5G s’accélère, la croissance des marchés excluant les véhicule électriques a un grand potentiel de croissance sur deux fronts spécifiques : les portables et les systèmes de stockage d’énergie », ont déclaré les analystes de Benchmark Mineral Intelligence.

Figure 1 : Poudre de Cobalt
Figure 1 : Poudre de Cobalt

Il y a un stock de 7 milliards de kilos de cobalt sur Terre. Au rythme de consommation actuelle, il reste 112 années de réserves de cobalt qui est une ressource non renouvelable. Les réserves connues sont surtout en République Démocratique du Congo (50%), en Australie (20%) et à Cuba (14%), comme le montre également cette carte (figure 2).

Figure 2 : Production et réserves mondiales de Cobalt en 2019 Sources

Le cobalt souvent décrit comme un or bleu, est l’un des composants principaux à la création des batteries de type lithium-ion utilisées notamment dans les équipements électroniques mobiles (figure3). L’augmentation de son prix en fait l’un des matériaux les plus prisés par les marchés industriels et financiers. Ainsi, il représente un marché de 8,8 milliards en 2017, contre 2,7 milliards de dollars en 2014.

Figure 3 : Demande de cobalt pour les téléphones

La carte, en tête de ce billet, a été réalisée par l’artiste-cartographe Agnès Stienne, elle est connue pour ses cartes abstraites et ses réalisations manuscrites qui mêlent art et cartographie. Son regard est souvent porté sur des questions géopolitiques et sociales, comme « Petite géographie du palmier à huile ». Je vous invite à consulter son travail cartographique.

Cette carte illustre la rareté de l’or bleu en montrant sa production de cobalt en 2019. Les pays qui ressortent en bleus sont ceux qui participent à la production. Visuellement, la variable quantitative de stock qui est la production en tonnes est représentée à l’aide de carrés proportionnels en implantation ponctuelle au centre des pays. On distingue au premier coup d’œil la proportion surdimensionnée de la République Démocratique du Congo (RDC).
En seconde partie de la carte un zoom est proposé sur la RDC, notamment le sud du pays, où se concentrent les exploitations minières. La zone cuprifère est parsemée d’exploitations minières et de mines isolées (souvent clandestines), notamment vers les villes de Kolwezi et Likasi.

Cette carte illustre l’impact du développement effréné et la mondialisation dans sa grandeur. En effet, les richesses des réserves naturelles sont réparties de manière non-proportionnelle. Cependant, cet avantage pour certains pays (particulièrement les pays dits « en voie de développement ») se transforme souvent en désastre écologique et humain.

Ainsi, cette carte illumine la face cachée de notre vie de confort au dépit d’autres humains à l’autre bout du monde et l’injustice de la croissance économique tant prônée. Elle questionne sur nos modes de vies et de consommations qui ont des impacts économiques, sociaux et environnementaux. En conclusion, on peut se demander s’il n’y a pas d’autres alternatives de croissance qui seraient bénéfiques à tous les habitants de cette planète et non seulement à certains.

Sources :

Stienne, Agnès : https://visionscarto.net/agnes-stienne

Belkaïd, Akram. « La face honteuse du « métal bleu » ». Le Monde diplomatique, 1 juillet 2020. https://www.monde-diplomatique.fr/2020/07/BELKAID/61982.

« La croissance mondiale épuise les ressources naturelles ». Consulté le 2 février 2021. https://www.lemonde.fr/planete/article/2011/05/13/la-croissance-mondiale-epuise-les-ressources-naturelles_1521474_3244.html.

« La demande de cobalt pour la technologie 5G risque de compétitionner le secteur des véhicules électriques – AVÉQ – Association des Véhicules Électriques du Québec ». Consulté le 2 février 2021. https://www.aveq.ca/actualiteacutes/la-demande-de-cobalt-pour-la-technologie-5g-risque-de-competitionner-le-secteur-des-vehicules-electriques.

Modérateurs : Bruno DUVERNEUIL et Léopold ROBITAILLE

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