La « carte papillon » de J.S. Cahill

par Camille Guyénot

En cartographie, le thème des projections est un thème récurrent source de discussions animées chez les spécialistes. Les problèmes que soulèvent les différentes techniques permettant de représenter la surface du globe sur une surface plane ne datent pas d’aujourd’hui.

Cette carte, à l’aspect surprenant, a vu le jour en 1915, à l’exposition universelle de l’ouverture du canal de Panama, à San Francisco. A cette occasion J.S Cahill, un architecte de profession, présente sa « Butterfly Map » en réaction aux cartes en vigueur qu’il trouve inappropriées et source de distorsions exagérées :  » [Il faut] encourager et habituer la nouvelle génération à avoir une vision planétaire, plutôt que la vision paroissiale [de l’époque] qui est d’une arrogance intolérante et qui menace la paix dans le monde dans de si nombreux pays. » [1] La carte eu un fort impact visuel et J.S Cahill reçut une médaille d’or à l’Exposition pour son travail de cartographie.

Cette carte innovante, tracée à l’époque à la main, va à contre-courant des représentations standards que nous connaissons aujourd’hui encore. Elle est effectivement visuellement plus fidèle à la notion de globe terrestre et a été élaborée de façon à ce que les distorsions liées à la projection soient minimisées . Le travail de J.S Cahill a ensuite été repris par Gene Keyes en 1975, puis par Steeve Waterman qui en a proposé une variante, plus connue aujourd’hui, la projection Waterman.

Aujourd’hui encore, certains spécialistes [2] luttent contre l’usage abusif de la projection de Mercator ou de Robinson en continuant à travailler à l’optimisation de cette représentation papillon (ou projection de Waterman) qui serait d’après eux le meilleur compromis en termes de respect général de la forme des continents, respect des distances, des surfaces, des angles, et bien d’autres avantages [3], ce qui statistiquement l’élèverait au rang de meilleur système de projection. Les seuls inconvénients qu’on pourrait finalement lui prêter sont la difficulté à mesurer des distances intercontinentales et quelques distorsions visibles et non négligeables au niveau des pôles, notamment pour l’île Ellesmere et le Groenland (bien qu’elles soient minimes par rapport à ce que l’on peut observer sur d’autres projections en vigueur).

Bien que ces représentations aient contribué à alimenter le débat sur les projections cartographiques et malgré son intérêt sans équivoque, elles restent malheureusement difficiles à utiliser dans les logiciels de SIG et restent finalement peu utilisées.

Sources :

[1] Cahill-Keyes World Map Wall Poster, Gene Keyes Website, 2014 (https://www.genekeyes.com/world_map_poster.html)

[2] 10 Principles for a Coherent World Map System, Gene Keyes Website, 2014 (http://www.genekeyes.com/10-principles.html)

[3] Ongoing Development of the Cahill-Keyes Multi-Scale Megamap, Gene Keyes Website, 2014 (http://www.genekeyes.com/MENUS/C-K-linklist.html)

Modérateurs : Elie Couder, Maraya Morokawa

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