Une consommation électrique à pollution variable

Par Thomas MABIRE

Le dérèglement climatique, enjeu majeur et urgent de notre époque, est en partie dû à la consommation d’énergie électrique. Lors de sa phase de production, des quantités variables de dioxyde de carbone sont émises dans l’atmosphère selon le type d’installation. Cette carte interactive est réalisée par l’entreprise Tomorrow, qui s’est donné pour objectif de rendre accessible l’impact sur le climat de nos sociétés, en proposant des visualisations interactives sur diverses thématiques, ici en matière de consommation d’électricité. Elle est soutenue financièrement par l’EIT Climate KIC pour son développement.

Il est possible de la retrouver sur le site www.electricitymap.org. Les données qui ont permis cette réalisation proviennent des opérateurs de réseaux électriques et des agences officielles ayant une politique d’open data de leurs données,  par exemple RTE en France. L’Europe est quasiment couverte, en revanche de nombreuses zones du globe sont absentes car leurs données sont indisponibles. Ce projet étant open-source, il est possible d’ajouter de nouvelles sources de données. De fait, son étendue devrait croître au fur et à mesure.

Cette carte interactive est découpée en plusieurs zones, par pays ou régions selon les cas. Elles sont distinguées en fonction des quantités de dioxyde de carbone émises lors de la production ou la consommation en quasi-temps réel. Plus exactement, cela correspond à une mesure exprimée en grammes de dioxyde de carbone émis par kilowattheure d’électricité (gCO2eq/kWh) que Tomorrow dénomme « intensité carbone ». Il est possible de visualiser cette carte interactive soit en fonction de la production soit de la consommation électrique. Cette dernière est une représentation moins courante et plus juste car chaque zone comporte l’électricité consommée sur place et tient également compte de l’intensité carbone de l’électricité importée d’autres lieux. L’observation de la production électrique par zone, approche plus classique, permet surtout de percevoir les différences entre la consommation et la production des zones, puisqu’elles sont exprimées dans la même unité. Enfin, le potentiel éolien (en m/s) est accessible sur le « calque vent » et celui solaire disponible sur le « calque d’ensoleillement », bien que ce dernier soit indisponible actuellement. Le but est de donner une indication du potentiel des productions électriques avec des éoliennes et des panneaux solaires photovoltaïques selon les zones.

La palette de couleurs est comprise entre le vert, signifiant une faible émission de gaz à effet de serre, au marron foncé, indiquant de fort rejet de CO2 de la production ou de la consommation. Il possible de connaître la quantité d’électricité exportée entre les zones mitoyennes ainsi que leur intensité carbone grâce aux flèches entre les secteurs. Lorsque l’on clique sur une zone, il est possible d’avoir de nombreuses informations concernant sa consommation et ses émissions par type de production d’électricité.

source : https://www.electricitymap.org/

Cette carte interactive est intéressante car elle aborde la question de la consommation électrique, et pas seulement celle de la production. En effet, elle permet aux citoyens d’observer l’origine de l’électricité qu’ils consomment, et non uniquement celle produite dans leurs zones. Cela évite d’éventuelle  dissimulation d’importation d’électricité à forte émission de dioxyde de carbone.

Par ce procédé, les citoyens peuvent mesurer l’impact en dioxyde de carbone de leur consommation électrique en quasi-temps réel, et ainsi adapter leur comportement. Ce changement peut s’opérer en décalant l’usage d’appareils énergivores en fonction des installations électriques alimentant leur zone. En effet, en observant les données, il est possible de favoriser les moments où  les énergies renouvelables et/ou faiblement carbonées sont au plus fort. Et ainsi avoir une consommation optimisée grâce à une intensité carbone plus faible, donc moins néfaste pour la planète.

Sources:

Electricitymap.org
Olivier Monod, novembre 2018. Article de Libération : Le site electricitymap.org est-il fiable ?

Modérateurs : Bénédicte THOMAS et Axel FOURNEYRON

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