Lyon-Plage

Par Larry KIENER

En trainant sur Reddit, j’ai glissé sur le blog MapPorn qui publie en masse des cartes surprenantes. Scrollant à la vitesse de 5 secondes par carte, l’une d’elles m’a fait lâcher ma roulette (figure 1) .

Figure 1 : The World With An 1,000 Meter Sea Level Rise publiée par u/burgerking_foot le 24/12/2021. Sources inconnues

Cette carte représente les terres émergées avec un niveau de la mer augmenté de 1000 mètres. Dans un premier temps, j’ai été surpris par la quasi-disparition de l’Europe dont il ne reste qu’un petit archipel alpin. Au global, seule la Chine/Mongolie, le sud de l’Afrique et le Groenland et la façade Ouest des Amériques semblent garder la tête hors de l’eau !

Après ce rapide coup d’œil, cette carte m’a ensuite fait replongé dans un film des années 1990 maltraité (à tort !) par la critique : Waterworld ( Figure 2).

Figure 2: l’Atoll et le navire du film Waterworld

Son scénario se déroule sur une planète bleue où les océans recouvrent toute la surface du globe. Toute ? Non ! Une énigmatique portion de Terre émergente suscite l’espoir des Hommes survivants et entraine les protagonistes (dont Kevin Costner mi-humain, mi-poisson) dans de trépidantes aventures sur une arche de Noé ultra moderne. Le pitch de ce film correspond à une prolongation dramatique du plus pessimiste scénario du GIEC à la sauce Hollywoodienne. En effet, la montée des eaux est expliquée en introduction du film par une animation montrant la fonte des calottes polaires arctiques sous l’effet du réchauffement climatique.

Même si scientifiquement cela ne tient pas la route, il est étonnant de découvrir que la question du réchauffement climatique et de ces effets était déjà présente dans la tête de certains scénaristes dès les années 1990. En ces temps de pandémie, cette carte injecte une dose de rappel : le réchauffement climatique ne s’est pas confiné !

Suivant un raisonnement trumpique, je me suis demandé si une montée radicale des eaux n’aurait que des conséquences négatives. J’ajoute donc aux scénarios du GIEC, une modélisation basée sur des hypothèses purement personnelles : le scénario « Lyon Plage ». Après tout, pourquoi ne pas imaginer un scénario où Lyon est un archipel tropical avec le niveau de la mer (chaude !) au pied de mon logement sur une des collines lyonnaises. A l’ère Mésozoïque, la région de Lyon était déjà un archipel tropical aux eaux peu profondes où batifolaient ichtyosaures et plésiosaures !  

Inspiré par une carte topo de l’Inde magnifique, je me suis mis en tête de reproduire une carte 3D du scénario « Lyon Plage ».

Ni une, ni deux, je fonce sur le site de l’IGN pour télécharger les données la BD Alti du Rhône et sur data Grand Lyon pour les limites des communes Grand Lyon. QGIS propose une palette Caribbean qui fera parfaitement l’affaire. Un consensus rapide estime qu’avec une montée des eaux de à 250m, l’écume des rouleaux s’étalera juste devant mon portail. Un tuto, fluide et clair du plugin QGIS2threeJS, complète la recette pour obtenir un rendu 3D plutôt cool. 10 crashs de QGIS et une grosse exagération des reliefs (altitude x5) plus tard, voici la carte de la métropole de Lyon avec un niveau de mer surélevée de 250m (figure 3) dans laquelle vous pourrez naviguer!

Figure 3 : Simulation d’une montée des eaux de 250m à Lyon

Amis lyonnais, serez-vous en bord de mer ou en apnée ?

Bon été 2022 à tous !

Modérateurs : Mathilde Marchand et Llyodore Mimoun

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